GABON AS A BILINGUAL NATION! LE GABON COMME NATION BILINGUE!








English version

We have recently learned that Ali Bongo has decided to turn Gabon into a bilingual country: French-English. According to Alain Claude Bilié Bi Nze, his spokesperson, Gabon is using the Rwandan model to become both part of the Francophonie and the Commonwealth. Apparently, Ali Bongo is going to Rwanda this Friday to learn the Rwandan experience with bilingualism.

The reasoning by Ali Bongo and Bilié Bi Nze is rather funny, because why do they have to go so far to Rwanda to learn about bilingual countries, when to the north of Gabon, there is Cameroon, a country that has been bilingual for 52 years? Once again, this is one of these hasty decisions made by Ali Bongo, without any real thinking behind it.

Dear readers, if a bilingual status is beneficiary for a country, economically, politically etc., then the Cameroonian experience should be more valuable to Gabon than the Rwandan one. After all, Rwanda has only been formally bilingual since 2009; while Cameroon has had 52 years to experience with using both French and English in education, administrations, business and even in entertainment and television. Does Rwanda have an entire bilingual infrastructure making it a truly bilingual country? Are the benefits of dual language more visible in Rwanda than in Cameroun? These are questions Ali Bongo must answer to the Gabonese people, before he embarks the entire country into an unknown adventure which might end up in the same way his boat race did.

As it is, Gabon is already a multilingual country comprising some tens of indigenous languages, one lingua franca which is also the official languages, French. This heterogeneous language situation is already a major hurdle to fluid linguistic communication between the populations because the usage of French is unequally distributed in rural areas, and there are some studies that have even suggested that using French was negatively affecting the preservation of national languages. Now Ali Bongo is proposing to complicate the situation even more, by adding English into the mix. To that effect, this blog has a few questions for Ali Bongo:

What are the objectives and orientation of this decision? It is not sufficient to implement bilingualism without the appropriate implementation of such a measure.

How would English be used in Gabon? In a model like in Cameroon where everything is said and printed in both languages? If yes, how much this decision is likely to coast the Gabonese tax payer? In the entire world, about only 15 countries have more than one official language. They are: Afghanistan (Persian (Dari), Pashtu), Belarus (Belarusian, Russian), Belgium (Dutch, French, German), Bolivia (Spanish, Quechua, Aymara), Cameroon (French, English), Canada (English and French), Eritrea (Tigrigna, Arabic and English), Finland (Finnish, Swedish), India (Hindi, English and about 21 others...), Paraguay (Spanish and Guaraní), Rwanda (English and French), South Africa (Afrikaans, English, Zulu, Xhosa, Swazi, Ndebele, Southern Sotho, Northern Sotho, Tsonga, Tswana, Venda), Switzerland (German, French, Italian, Romansh.) Most of these countries make this choice because of historical reason. Rwanda decided to become bilingual because most of the Tutsi refugees who came back after the genocide, spoke English, and also because Rwanda had more ties with the East African community made of English-speaking Kenya, Uganda, and Tanzania, instead of the French speaking countries of central Africa. At the same time, Rwanda had tumultuous relations with France, since the genocide of the 90s. In the case of Gabon, what is the rationale, given that Gabon is only surrounded by French and Spanish speaking countries (with Cameroon being bilingual)?

Another non negligible difference between Gabon and Rwanda is that while Gabon has tens of native languages, Rwanda only has one, Kinyarwanda. In the end, Rwanda only had to deal with a total of 3 languages while Gabon is adding English to a list of more than 30. There is yet a major educational conundrum: if Gabon is having trouble to provide adequate resources to provide education in French only, how would it be able to provide adequate education to all children in both French and English? We are waiting for Ali Bongo to answer these questions.




Version française


Nous avons récemment appris qu’Ali Bongo a décidé de transformer le Gabon en pays bilingue: français-anglais. Selon Alain Claude Bilié Bi Nze, son porte-parole, le Gabon va utiliser le modèle rwandais pour à la fois faire partie de la Francophonie et du Commonwealth. Apparemment, Ali Bongo ira au Rwanda, ce vendredi explicitement pour apprendre de l'expérience rwandaise en matière de bilinguisme.

Le raisonnement d’Ali Bongo et Bilié Bi Nze est assez curieux, car pourquoi ont-ils besoin d'aller si loin au Rwanda pour en apprendre davantage sur les pays bilingues, lorsqu’au nord du Gabon, il y a le Cameroun, un pays bilingue depuis 52 ans? Encore une fois, il s'agit d'une de ces décisions hâtives prises par Ali Bongo, sans réelle réflexion profonde derrière.

Chers lecteurs, si un statut bilingue était bénéficiaire économiquement, politiquement, etc., pour un pays, alors l'expérience camerounaise devrait avoir plus de valeur pour le Gabon que celle du Rwanda. Après tout, le Rwanda n’est formellement bilingue que depuis 2009, tandis que le Cameroun a eu 52 ans pour expérimenter l’utilisation du français et de l'anglais dans l'enseignement, les administrations, les entreprises et même dans le divertissement et la télévision. Est-ce que le Rwanda a toute une infrastructure bilingue qui en fait un pays vraiment bilingue? Est-ce que les avantages d’avoir une double langue officielle sont plus visibles au Rwanda qu’au Cameroun? Ce sont des questions auxquelles Ali Bongo doit apporter réponse au peuple gabonais, avant qu'il ne lance l'ensemble du pays dans une aventure inconnue qui risque de se terminer comme sa course de bateau.

Au point où en sont les choses, le Gabon est déjà un pays multilingue comprenant quelques dizaines de langues autochtones et une lingua franca qui est aussi la langue officielle, le français. Cette situation linguistique hétérogène est déjà un obstacle majeur à la communication linguistique fluide entre les populations, parce que l'usage du français est inégalement réparti dans les zones rurales, et il y a quelques études qui ont même suggéré que l'utilisation du français a eu un effet négatif sur la préservation des langues autochtones. Maintenant, Ali Bongo propose de compliquer encore davantage la situation, en ajoutant l’anglais dans le mélange. À cet effet, ce blog a quelques questions pour Ali Bongo:

Quels sont les objectifs et les orientations de cette décision? Il ne suffit pas de déclarer le bilinguisme sans la mise en œuvre d’un plan d’étude approprié justifiant une telle mesure.

Comment l’anglais va-t-il être utilisé au Gabon? Selon le modèle Camerounais, où tout est exprimé et imprimé dans les deux langues? Si oui, à combien s’élèvera la facture de cette décision pour le contribuable gabonais? Dans le monde entier, environ 15 pays seulement ont plus d'une langue officielle. Ce sont les suivants: Afghanistan (persan (dari), pachto), la Bélarusse (biélorusse, russe), la Belgique (néerlandais, français, allemand), la Bolivie (espagnol, quechua, aymara), le Cameroun (français, anglais), le Canada (anglais et français ), l'Erythrée (tigréen, arabe et anglais), la Finlande (finnois, suédois), l'Inde (hindi, anglais et environ 21 autres), le Paraguay (espagnol et guarani), le Rwanda (anglais et français), l'Afrique du Sud (Afrikaans , anglais, zoulou, le xhosa, le Swazi, Ndebele, Southern Sotho, Northern Sotho, Tsonga, Tswana, Venda), la Suisse (allemand, français, italien, romanche.) La plupart de ces pays ont fait ce choix pour des raisons historiques. Le Rwanda a décidé de devenir bilingue parce que la plupart des réfugiés tutsis qui sont revenus après le génocide, parlaient anglais, et aussi parce que le Rwanda avait plus de liens avec la communauté est-africaine de langue anglaise du Kenya, Ouganda et Tanzanie, qu’avec les pays de langue française d'Afrique centrale. Dans le même temps, le Rwanda a eu des relations tumultueuses avec la France, depuis le génocide des années 90. Dans le cas du Gabon, quelle est la raison d'être de cette mesure, étant donné que le Gabon est entouré de seuls pays francophones et hispanophone (avec le Cameroun bilingue)?

Une autre différence non négligeable entre le Gabon et le Rwanda, est qu’alors que le Gabon a des dizaines de langues autochtones, le Rwanda n’en a qu’une seule a proprement parlé, le kinyarwanda. En fin de compte, le Rwanda n'a à traiter qu’avec un total de 3 langues tandis que pour le Gabon on ajoute l'anglais à une liste de plus de 30 langues. Il y a encore une énigme majeure en ce qui concerne le système éducatif: si le Gabon a du mal à fournir les ressources nécessaires pour soutenir une éducation uniquement en français; comment serait-il en mesure de fournir une éducation adéquate à tous les enfants, en français et en anglais? Nous attendons qu’Ali Bongo réponde à ces questions.

Comments

Popular posts from this blog

ARGUMENTS AS WEAK AND WITHOUT SUBTANCE AS THE PERSON ENOUNCING THEM. DES ARGUMENTS AUSSI BIDONS ET SANS CONTENANCE QUE CELUI QUI LES ÉNONCE

THIS IS WHY CENTRAL AFRICA HAS SUCH A LACK OF DEMOCRACY. VOICI POURQUOI L’AFRIQUE FRANCOPHONE EST SI PEU DÉMOCRATIQUE